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Surdité de l’enfant : les bénéfices du dépistage précoce

27 Jan 2021 par Catherine service communication, Pas de commentaire »

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INTERVIEW. Les troubles de l’audition peuvent avoir des répercussions majeures sur le développement d’un bébé. Pour éviter cela, une solution : le dépistage précoce, clé d’une prise en charge adaptée. Précisions du pédiatre Arnault Pfersdorff.

Vies de famille : Quelles sont les causes et les conséquences d’un trouble de l’audition ?

Arnault Pfersdorff : Un bébé sur 1 000 naît en France avec une déficience auditive, bien souvent d’origine génétique ou congénitale. Mais elle peut aussi être causée par des otites à répétition, une infection, un traumatisme crânien ou encore une maladie métabolique rare, et entraîner troubles du langage ou du sommeil, repli sur soi, échec scolaire… La clé pour limiter ces risques : un dépistage et une prise en charge précoces.

A quel âge faut-il effectuer ce dépistage ?

Depuis 2012, toutes les maternités doivent proposer un dépistage de la surdité permanente néonatale, entre le deuxième et le troisième jour de vie du nourrisson. En général, les sages-femmes ou puéricultrices pratiquent un test des otoémissions acoustiques. Concrètement, elles placent une sonde qui émet un bruit semblable à des chuchotements dans son conduit auditif externe. C’est complètement indolore et rapide. En cas d’absence de réponse aux stimulations sonores, le nouveau-né fera l’objet d’un bilan approfondi.

Le pédiatre évalue ensuite son audition presque tous les mois, avec deux examens obligatoires, à 9 et 24 mois. En fonction des résultats, il peut orienter les parents vers un Orl ou un neuropédiatre. Les 1 000 premiers jours sont essentiels pour le développement neurosensoriel de l’enfant, il faut redoubler de vigilance. C’est pour ça qu’une consultation pédiatrique est longue.

Quels sont les signes qui peuvent mettre la puce à l’oreille ?

Les bébés qui ont régulièrement des otites, ne réagissent pas quand une personne entre dans la pièce ou les appelle par leur prénom, ne tournent pas la tête vers la source d’un bruit, ne babillent pas, voire ne produisent aucun son sont à surveiller de près. Une fois le diagnostic posé, il faut agir vite pour rattraper le retard éventuel. Appareils auditifs, implants cochléaires*, séances d’orthophonie… plusieurs solutions sont proposées en fonction du degré de surdité : légère (perte moyenne auditive comprise entre 20 et 40 décibels (dB)), moyenne (entre 40 et 70 dB), sévère (entre 70 et 90 dB) et profonde (supérieure à 90 dB).

Comment prévenir ces troubles ?

C’est une lapalissade, mais la meilleure manière est d’éviter les pollutions sonores (cris, musique trop forte…). Mais aussi de vacciner, notamment contre la rubéole et le pneumocoque, et de mettre un point d’honneur à l’hygiène de bébé pour éviter la transmission d’infections. L’ouïe est un bien précieux qui se dégrade au fil du temps. En grandissant, n’abusez donc pas des décibels, surtout via des écouteurs, sous peine de vous exposer à des troubles de l’audition qui pourraient être irréversibles.

* Implants électroniques

Pour aller plus loin 

> « Surdité permanente néonatale : bilan du programme national de dépistage » sur le site de Santé publique France
> « Dépistage des troubles de l’audition chez l’enfant » sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé
> « La surdité de l’enfant : guide pratique à l’usage des parents » édité par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes)


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