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Handicap et crise sanitaire : 5 questions à Sophie Cluzel

29 Jan 2021 par Catherine service communication, Pas de commentaire »

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INTERVIEW. Pour Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, la crise sanitaire et économique a mis en lumière des « problèmes d’isolement et de rupture de parcours ». Elle nous parle des solutions apportées.

Les personnes handicapées ont été touchées de plein fouet par la crise sanitaire. Accès aux soins, à l’emploi, soutien aux aidants… dans un entretien à Vies de famille, la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, revient sur les difficultés des familles et les solutions mises en place pour les épauler.

Vies de famille : Quel est l’impact de la crise sur les personnes en situation de handicap ?

Sophie Cluzel : Le premier confinement a eu des répercussions extrêmement importantes auxquelles nous avons répondu rapidement, avec notamment des dérogations de sortie et des prorogations de droits. Nous avons reçu beaucoup d’appels concernant l’accès aux soins et le besoin de répit des personnes aidantes, qui étaient très éprouvées. En juin, un numéro d’appui et d’accompagnement, le 0 800 360 360 a donc été mis en place en urgence.

Le deuxième confinement a été moins complexe à traverser car les établissements et les services de rééducation sont restés ouverts. Pour autant, nous avons dû gérer beaucoup d’interrogations liées au travail, à la santé et à l’accompagnement économique des personnes. La crise sanitaire a mis en exergue des problèmes d’isolement et de rupture de parcours.

Justement, vers qui peuvent se tourner les personnes handicapées en cas de difficulté ?

Je recommande d’appeler en priorité le 0 800 360 360. C’est un numéro national gratuit, qui donne des solutions de proximité. Les réponses sont apportées par les acteurs locaux : Mdph (maisons départementales des personnes handicapées), associations, communes, centre de loisirs, éducateurs…

Le but est de répondre aux urgences, mais pas seulement. Il s’agit aussi de permettre une continuité de l’accompagnement pour les familles, qui ont besoin, par exemple, de relai ou d’appui en matière d’éducation ou de rééducation, le soir, le week-end, pendant les vacances…

Concrètement, dans quelle situation peut-on appeler ce numéro ?

Dans toutes les situations. Aujourd’hui, il y a souvent trop de portes à pousser pour les personnes handicapées, avec des réponses morcelées. L’objectif de ce numéro est d’avoir une seule porte d’entrée pour l’accès aux droits, à l’emploi, le besoin de répit des aidants, l’accès à la culture, au sport, aux soins…

Ce numéro sera pérennisé au-delà de la crise. Nous ne voulons plus de rupture d’accompagnement, au prétexte qu’un établissement est fermé ou que le milieu ordinaire ne serait, soi-disant, pas encore prêt à accueillir des personnes en situation de handicap. En 2021, ce n’est plus acceptable !

Les personnes handicapées sont deux fois plus touchées par le chômage que le reste de la population. Comment éviter que la crise ne les précarise davantage ?

J’ai, par exemple, mobilisé l’ensemble des entreprises qui ont signé le manifeste pour l’inclusion en 2019. Elles se sont engagées à prendre à bras le corps les enjeux de l’accès à l’emploi des personnes handicapées.

Et dans le cadre du plan France relance, nous soutenons le recrutement et le maintien dans l’emploi avec une aide de 4 000 euros à l’employeur pour tout CDI ou CDD de plus de trois mois, ainsi qu’une aide de 8 000 euros pour l’apprentissage, qui est sans limite d’âge pour la personne en situation de handicap. Ces aides sont prolongées jusqu’au 30 juin 2021.

Nous développons aussi les dispositifs d’emploi accompagné partout sur le territoire (un service de suivi médicosocial et professionnel gratuit pour les entreprises et les travailleurs handicapés, Ndlr).

Quelles sont vos priorités en 2021 ?

Nous continuerons à développer le chantier majeur de l’école inclusive, de l’emploi et de l’accélération des délais de traitement des dossiers dans les Mdph. Mon objectif est de simplifier la vie quotidienne des personnes handicapés, que leur parcours soit plus simple et plus fluide.

L’autre enjeu majeur, c’est de multiplier les solutions de colocation inclusive, pour que les personnes en situation de handicap puissent vivre ensemble et se loger selon leurs besoins.

Enfin, il y a l’accompagnement des parents en situation de handicap. Depuis le 1er janvier 2021, nous avons ouvert un nouveau droit de 900 euros par mois  pour leur permettre d’être aidés dans leur quotidien*. A cela s’ajoute un forfait de 1 200 euros versé à la naissance, aux 3 ans et aux 6 ans de l’enfant, pour financer du matériel adapté (poussette, salle de bains adaptée, table à langer réglable…). Ce sont des mesures très concrètes, pour que les personnes handicapées puissent exercer leur parentalité avec toute l’aide humaine et technique dont elles ont besoin.

* Cette aide permet de recruter un intervenant pour réaliser certaines tâches : bain, repas, change…

Pour aller plus loin

> « Le 0 800 360 360 : un numéro d’appui dans le cadre de la crise » sur le site handicap.gouv.fr
> « Qu’est-ce que l’habitat inclusif » sur le site de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (Cnsa)
> « Prestation de compensation du handicap (Pch) : ouverture aux parents handicapés » sur le site officiel de l’administration française


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