RUBRIQUES

SUIVEZ-NOUS

Nos derniers articles

Vos derniers commentaires

Mots clés

LIENS UTILES




« Augmenter le nombre de médecins formés chaque année »

19 Août 2020 par Catherine service communication, Pas de commentaire »

Imprimer cet article

Cursus trop sélectif, profils trop semblables : pour mettre fin aux critiques sur les études de médecine, une réforme entre en vigueur à la rentrée 2020. Entretien avec Maxime Tournier, vice-président de l’Anemf*, en charge de l’enseignement supérieur.

Vies de famille : Pourquoi une réforme des études de santé ?

Maxime Tournier : La première année commune d’études de santé (Paces) est depuis longtemps critiquée pour son hyper-sélectivité. La réforme qui entre en vigueur à la rentrée 2020 propose non pas d’abroger cette sélection inévitable, mais de la rendre plus pertinente. Un des objectifs est d’en finir avec le cliché de l’étudiant titulaire d’un bac S mention « très bien ».

La réforme entend diversifier les profils d’étudiants et propose d’envisager les études autrement, en mettant fin par exemple au bachotage et en faisant en sorte que les étudiants se concentrent sur l’ensemble de leur année, et non uniquement sur les partiels de fin d’année.


Qu’est-ce qui va changer concrètement dans la formation ?

A la rentrée 2020, les étudiants passeront désormais par un portail santé. La Paces sera supprimée. Ce portail proposera les cursus médecine, maïeutique (études de sage-femme), odontologie (études de l’organe dentaire) et pharmacie, et sera accessible via Parcoursup. Ce sera une année d’études à l’issue de laquelle les étudiants devront avoir validé 60 crédits Ects (pour rappel un semestre pédagogique équivaut à 30 crédits Ects).
Les résultats obtenus aux examens devront être supérieurs à un certain seuil : la sélection se fera donc en fin de première année. Un examen écrit et/ou oral avec des épreuves plus transversales permettra d’accéder en 2e année.

Les compétences de synthèse et de hiérarchisation seront également davantage analysées. Si l’étudiant valide l’année mais échoue à l’examen, il pourra intégrer une deuxième année de licence avec une mineure en santé et repasser l’examen. S’il ne valide pas la première année, il devra se réorienter : aucun redoublement ne sera possible.


Quelle conséquence aura la fin du numérus clausus sur le système de santé futur ?

Un des objectifs de la réforme est en effet d’augmenter le nombre de médecins formés chaque année. Mais elle n’a pas particulièrement vocation à résoudre le problème des déserts médicaux. Tout dépendra des universités qui fixeront librement leur nombre de places en deuxième année d’études de médecine, en fonction de leurs capacités d’accueil et des besoins des régions.

C’est sur ce point que nous trouvons à l’Anemf que la réforme manque de cadrage : il y aura inévitablement, en fonction des régions, de grosses disparités. Il faut espérer que les universités réussiront à mettre en place des modalités de sélection pertinentes.

* Association nationale des étudiants en médecine de France


Étiquettes : , ,

Réagissez