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Dépression post-partum : plus qu’un baby blues

19 Déc 2020 par Catherine service communication, Pas de commentaire »

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Après la naissance de son enfant, la maman ressent souvent une grande fatigue. Si celle-ci dure et s’accompagne de tristesse, de désintérêt et de peurs, il peut s’agir d’une dépression post-partum. Une situation à prendre au sérieux.

Le baby blues survient souvent après l’accouchement et disparaît généralement dans les soixante-douze heures. Mais parfois, ce mal-être s’installe. «Quand cela dure au moins quinze jours, on parle de dépression post-partum, explique Fabienne Sardas, psychologue-psychanalyste et auteure sur le sujet*. Ce trouble dépressif modéré touche 10 à 15 % des mères. La moitié ne serait pas repérée par méconnaissance du problème et aussi par honte. »

Les épisodes dépressifs peuvent apparaître dès la grossesse ou pendant la première année après l’accouchement. Les symptômes sont proches de ceux d’une dépression : morosité, manque d’intérêt, culpabilité, inactivité, fatigue, troubles de la concentration, de la mémoire et de l’alimentation…

C’est ce qui est arrivé à Sophie, il y a treize ans. «Après la naissance, j’étais euphorique. Avec le recul, je pense que c’était déjà un signe que quelque chose n’allait pas, se souvient-elle. Je ne dormais pas et le peu de moments où ma fille dormait, j’étais très active dans la maison. »

Les nouvelles mamans plus touchées

 
Très rapidement épuisée, elle a l’impression de devenir folle. Envahie par des peurs incontrôlables, elle redoute de faire mal à sa fille. « Je voulais mourir, je pensais que c’était la seule solution pour m’en sortir. Je pensais qu’elle serait plus heureuse sans moi », confie-t-elle.
 
Aujourd’hui, selon elle, cette dépression était aussi liée à un deuil pas totalement fait (son premier bébé est mort in utero, Ndlr) et la peur de perdre de nouveau son enfant : « Il y a eu un trop plein d’émotions, qui m’a fait sombrer. »
 
La dépression post-partum concerne davantage les femmes mères pour la première fois. « Mais d’autres facteurs peuvent favoriser celle-ci comme des antécédents de dépression dans la famille, une sensibilité aux changements hormonaux, un accouchement traumatique, un bébé qui pleure beaucoup, un environnement peu aidant, ajoute Fabienne Sardas. La maternité est aussi une réactivation des liens à la mère, sensiblement majorée par le fait d’attendre une fille. »

Dialoguer pour diminuer la culpabilité et se rassurer

La relation avec le bébé peut être altérée par cette dépression. Il peut manquer de stimulation, et cela peut affecter son développement physique, cognitif et affectif. Pour éviter cela, les proches peuvent proposer leur aide à la maman sans prendre sa place et parler de ses difficultés à des professionnels de santé (sage-femme, gynécologue, auxiliaire de puériculture, Pmi…).

Parfois, des antidépresseurs et anxiolytiques sont nécessaires, en parallèle d’un suivi psychologique. Les mamans peuvent aussi apprécier d’échanger avec d’autres via des associations, pour diminuer leur culpabilité et se rassurer.

Grâce à cela ainsi qu’au soutien de sa famille, de son médecin et de sa psychologue, cette dépression n’a pas entaché la relation entre Sophie et sa fille : «On ne choisit pas de « faire » une dépression, ça nous tombe dessus. Même si cela était très difficile, j’ai toujours aimé ma fille. Aujourd’hui, nous sommes très complices.»

* Maman blues, du bonheur et de la difficulté de devenir mère, éditions Eyrolles


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