RUBRIQUES

SUIVEZ-NOUS

Nos derniers articles

Vos derniers commentaires

Mots clés

LIENS UTILES




24 heures dans la peau d’un médiateur familial

11 Avr 2011 par Corinne, service Accompagnement des familles, 5 commentaires »
Imprimer cet article Imprimer cet article

La médiation familiale ? Cela ne vous dira sans doute pas grand-chose, sauf si vous êtes un fidèle lecteur de ce blog et que vous avez déjà lu cet article 🙂

Pour résumer en 2 mots : la médiation consiste, grâce à l’intervention d’un professionnel neutre et qualifié, à vous aider à trouver une solution lorsqu’un conflit ou des difficultés éclatent au sein de votre famille : séparation, disputes à répétition, désaccord sur la garde des enfants, etc.

Mais concrètement, en quoi consiste le métier de médiateur familial ? Comment se passe le processus de médiation ? Dans quels cas de la vie quotidienne le médiateur est-il amené à intervenir ?

C’est ce que je vous propose de découvrir… en passant une journée avec moi !

8h30, j’arrive au bureau

La journée commence généralement par l’écoute de mes messages téléphoniques, ainsi que la lecture des e-mails et des courriers qui me sont adressés.

C’est un moment important de la journée, car il permet tout à la fois d’assurer le suivi des dossiers en cours, de découvrir de nouvelles situations de personnes en difficulté et de tenir informés les partenaires de la Caf de l’avancement de chaque situation.

C’est aussi un moment important parce que, certains jours, un événement peut me conduire à revoir complètement l’organisation de ma journée : un problème grave et/ou urgent (enfant en danger) peut en effet rendre nécessaire une intervention immédiate de ma part.

Ce n’est pas le cas aujourd’hui, mais il y a des réponses qui ne peuvent pas attendre : me voilà absorbée par la rédaction de différents courriers.

9h30

Aujourd’hui, j’ai bloqué un peu de temps pour travailler sur une démarche administrative : l’envoi de courriers d’information à toutes les personnes qui ont déclaré une séparation à la Caf.

Rares sont les allocataires qui connaissent l’existence de la médiation familiale : il est donc important de les informer de cette possibilité de faire appel à nous pour résoudre un conflit ou une difficulté.

Dans certains cas, les allocataires nous contactent spontanément (surtout s’ils ont déjà reçu, par le passé, l’aide d’un médiateur familial).

Paroles d’usager :

« Moi j’étais demandeur d’une médiation, mais pas forcément ma compagne. Heureusement, la médiatrice a fait en sorte qu’on puisse écrire ensemble un protocole d’accord ».

Dans d’autres cas, ce sont des tierces personnes qui les orientent vers nous :

  • un partenaire de la Caf (CCAS, service social départemental…),
  • ou encore le juge chargé du divorce (quand le couple ne parvient pas à trouver un terrain d’entente, par exemple).

Paroles de juge :

« A travers les lois sur l’autorité parentale et  les réformes du divorce, l’objectif premier du juge est d ‘amener les parties à essayer de se séparer en bonne intelligence, dans l’apaisement et essayer de faire en sorte que le conflit ne perdure pas et enfin essayer de faire en sorte que l’enfant ait des parents qui se respectent ».

10h10

Drrriiinnngg, coup de fil d’un usager : il souhaite me reparler du rendez-vous de la veille et me faire part d’une amélioration des relations avec son ex-compagne. J’en suis heureuse pour ce couple et je le remercie de son appel.

10h30

Aujourd’hui, réunion avec les collègues pour développer notre partenariat avec la justice. Il s’agit de mettre en place un temps d’information sur la médiation familiale auprès des intervenants de la justice. En un mot, sensibiliser nos partenaires à nos actions, pour leur permettre de mieux détecter les situations dans lesquelles nous pouvons être utiles et de conseiller la démarche aux usagers.

Avec les collègues, nous échangeons sur les différentes possibilités et le contenu de ces actions d’information. L’une d’entre nous a déjà mis en place ce type d’actions dans un autre département et son retour d’expérience est vraiment intéressant.

11h30

1er rendez-vous avec les parents d’une petite fille. Ils ont décidé de se séparer et se posent de nombreuses questions :

  • choisir ou non la garde alternée de l’enfant ?
  • comment partager les frais ?
  • comment la fillette se rendra-t-elle d’un logement à un autre ? etc.

C’est tout un quotidien qu’il faut réorganiser, tout en prenant en compte l’intérêt de l’enfant.

Paroles d’usager :

« Au début de la médiation, je me retenais pour ne pas trop en dire, je n’avais pas totalement confiance. Puis au fur et à mesure des entretiens, j’ai compris que le médiateur familial n’était ni là pour moi, ni là pour ma compagne mais pour l’un et l’autre. Il ne nous a jamais jugés, ne nous disait pas ce qu’il fallait faire et c’est peut-être pour cela que nous avons pu nous dire tant de choses et apprendre à nous reparler sans haine… »

13h45

Après une rapide pause-déjeuner, je me plonge dans l’examen des dossiers des personnes que je dois rencontrer cet après-midi.

Je sais que je dois parfaitement maîtriser chaque situation : cela aide à créer une relation de confiance avec les personnes que j’accompagne.

Il faut aussi déterminer des aspects très concrets : thèmes à aborder lors de l’entretien, points à me faire expliquer par l’usager (pour le conseiller au mieux en fonction de sa situation spécifique), lieu de rendez-vous, etc.

14h30

Rendez-vous avec un parent : c’est le juge qui a imposé la démarche de médiation (injonction).

Paroles d’usager :

« En aucune manière la médiatrice ne nous a donné de conseils. Ce n’est pas quelqu’un qui prend parti, donc elle ne peut pas donner de conseils. Son rôle, c’est juste de soulever les choses essentielles auxquelles on n’ a pas forcément pensé et après, à nous de trouver les solutions ! »

15h30

Rendez-vous avec un couple de grands-parents : leur nouvelle belle-fille les empêche de voir leur petit-fils. Ils sont désorientés et ne savent pas comment apaiser la situation.

Paroles d’usager :

« Vous sentez que vous avez à faire à quelqu’un de professionnel, d’humain, de compétent, à votre écoute, objectif, neutre, avec un fond mais aussi une profonde humanité ».

16h30

Rendez-vous avec une jeune divorcée : pour elle, ça se passe mal. Elle a besoin de conseils sur la manière de gérer au mieux le conflit avec son ex-mari, et notamment les rencontres hebdomadaires (au moment où l’enfant est confié à l’autre parent).

Paroles d’usager :

« Je me sens grandie par rapport à cette expérience, que ce soit au niveau de la séparation en elle-même ou que ce soit au niveau de la rencontre par rapport à la médiation. Je me sens grandie, ça m’a énormément apporté ».

17h30

Je reprends mes notes et rédige de brefs compte-rendus d’entretiens.

Cela m’aide à faire le point sur le travail qu’il me reste à faire et sur les suites que je dois donner à chaque rendez-vous :

  • appels aux usagers que j’accompagne,
  • courriers aux partenaires,
  • orientation vers des collègues d’autres pôles de la Caf (par exemple, lorsque j’ai détecté une aide ou un service dont la personne que j’accompagne pourrait bénéficier), etc.

Demain sera un autre jour !


Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

5 commentaires

  1. pollux dit :

    c’est marrant tout ca parce que moi la seule fois ou j’ai eu affaire a une mediatrice familiale pour seulement exposer le problème que je rencontrais avec mes parents j’ai eu affaire a quelqu’un qui m’a pris de haut qui m’a jugé et qui m’a donné des conseils débiles j’ai claqué la porte de cette réunion au bout de 15 min tellemnt le ton de la bonne femme était agréssif !

  2. Blog Caf71 dit :

    Bonjour,

    L’entrée en médiation familiale est avant tout une démarche qui doit être acceptée librement par ceux qui s’y engagent.
    Les médiateurs familiaux sont titulaires d’un diplôme et travaillent régulièrement avec un psychologue afin de pouvoir garder une posture d’écoute et de mise en lien des personnes en conflit. Ils sont parfois amenés à questionner l’un et l’autre, ce qui peut être déstabilisant.
    La Caf reste attentive à la qualité des services de médiation familiale qu’elle finance, en particulier en ce qui concerne le respect de la déontologie nécessaire à cette fonction.

    Merci de votre visite sur notre blog.

    L’équipe du blog de la Caf71

  3. […] Saône-et-Loire emploie 5 médiatrices familiales qui peuvent être sollicitées par les familles (cf article du 11 avril 2011).  La Caf finance également des associations locales avec qui elle travaille en partenariat et […]

  4. Mel dit :

    Bonjour étions obligé d’aller au rendez vous du médiateur .? Nous en avons pas le besoin .

  5. Mel dit :

    D’avance merci de votre réponse cordialement

Réagissez